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SIG Soldes intermédiaires de gestion

Suite à notre définition des SIG, la signification et le calcul de chaque SIG est présenté.

Un autre article donne un exemple de ce calcul des SIG. Il est conseillé de le consulter en parallèle de la page présente.

Définition SIG

Il est possible de distinguer différents niveaux dans les produits et les charges.
Par exemple, les charges liées aux achats (matières) et autres dépenses de services assurés par des entreprises extérieures. L’ensemble de ces charges externes donnent une indication sur le niveau de dépendance de l’entreprise analysée par rapport à ses fournisseurs.

Ensuite, pour chaque niveau, on peut calculer une fraction du résultat de l’exercice.
Dans notre exemple, le montant des ventes annuelles de l’entreprise diminué du total de ses charges externes est un indicateur de ce que l’entreprise a produit elle-même, de ce qu’elle a apporté aux marchandises et services achetés avant de les revendre à ses clients : c’est la valeur ajoutée.

Ainsi, en décomposant le compte de résultat d’une entreprise en sous-résultats, on aboutit à une analyse plus précise de sa performance. Ces sous-résultats, telle la valeur ajoutée, sont les soldes intermédiaires de gestion (SIG).

L’analyse du compte de résultat passe donc notamment par la comparaison entre :
- les SIG d’une année sur l’autre,
- les SIG d’une entreprise avec les SIG des autres entreprises de son secteur d’activité.

Différences soldes intermédiaires de gestion

Le compte de résultat d’une entreprise peut se décomposer en six sous-résultats avant d’aboutir au résultat final de l’exercice.

Ces résultats intermédiaires sont toujours calculés de la même manière, en s’appuyant sur l’ensemble des charges et produits de l’année, et donc les SIG sont édités par les logiciels comptables en fonction des comptes utilisés. On le comprend, une erreur d’imputation engendre ainsi des erreurs dans les SIG.

Marge commerciale

La marge commerciale est le résultat réalisé sur la vente de marchandises revendues en l’état, sans transformation. Cette marge est donc particulièrement importante pour les entreprises dont l’activité est commerciale, parfois nulle pour les autres (dont l’activité est entièrement liée à une activité de transformation).

Marge commerciale = ventes de marchandises - coût d’achat des marchandises vendues

Or le coût d’achat des marchandises qui ont été vendues durant l’exercice implique de d’identifier :
- les marchandises incluses dans le stock initial et qui ont été vendues,
- les marchandises achetées et vendues durant l’année,
- les marchandises achetée mais non vendues à la clôture (et composant donc le stock final).

Au total, ce coût d’achat des marchandises vendues = achats et frais d’achat de marchandises + (stock initial - stock final) de marchandises.

Production de l’exercice

Dans le cas d’une activité non commerciale, la mesure de ce que l’entreprise a produit passe par le calcul du SIG de production de l’exercice.

Or, de la même façon que pour le calcul de la marge sur produits finis, la production de l’exercice doit tenir compte des stocks pour distinguer :
- le coût des produits enregistré durant l’exercice précédent et inclus dans le stock initial de produits finis,
- les produits finis fabriqués et vendus durant l’année,
- les coûts de production des produits finis comptabilisés durant l’exercice mais correspondant à des produits non vendus (et donc inscrites à l’actif du bilan dans le stock de produits finis à la clôture).

De plus, il peut arriver que l’entreprise ait réalisée des production pour son compte personnel. Dans ce cas, cette production est immobilisée dans les comptes de bilan à l’actif, et s’ajoute donc aux productions vendues à des clients.

Production de l’ex. = production vendue + production stockée + production immobilisée

Avec

  • production vendue = ventes de produits, de travaux, d’études, de services...
  • production stockée = (stock final - stock initial) de produits finis. Cette production stockée est donc où négative ou positive. Elle est positive lorsque le SF > SI, c’est à dire lorsque l’entreprise a augmenté son stock. A l’inverse, si l’entreprise a pioché dans ses stocks pour assurer les ventes de l’année, cette production est négative.
    Si l’entreprise distingue des en cours (en raison d’une production longue, des wagons de train par exemple, et donc d’une valorisation importante des produits en cours), la production stockée comprend également la variation de stock de ces en cours : (stock final - stock initial) d’en cours.
  • production immobilisée = travaux faits par l’entreprise pour elle-même.

Valeur ajoutée (VA)

Si l’on additionne les deux précédents SIG, à savoir la marge commerciale et la production de l’exercice, on obtient tout ce que l’entreprise a produit (marchandises + produits finis).

A ce total, si l’on soustrait tous les achats réalisés auprès de tiers (les matières premières, les loyers, honoraires, la sous-traitance...), on obtient ce que l’entreprise a apporté elle-même, du fait de son activité, de son savoir-faire, aux achats de marchandises et matières réalisés durant l’année.

Ce que l’entreprise apporte, grâce au travail de ses salariés, à la performance de ses immobilisations, au financement de ses besoins, c’est la valeur ajoutée.

Ainsi, une entreprise dont le rôle se limite uniquement à trouver des clients pour leur vendre des services sous-traités à d’autres sociétés a une valeur ajoutée inférieure (en pourcentage tout du moins) à celle de l’entrepreneur individuel, l’artisan, qui n’achète que quelques fournitures et facture essentiellement son savoir-faire et le temps passé sur des chantiers.

La valeur ajoutée mesure donc la création et l’accroissement de valeur que l’entreprise apporte aux biens et services provenant des tiers.

Valeur ajoutée = (marge commerciale + production de l’exercice) - consommations en provenance de tiers

Ces consommations en provenance de tiers comprennent tous les comptes :
- 60 (sauf les marchandises déjà prises dans la marge commerciale)
- 61
- 62

Excédent brut d’exploitation (EBE)

Le SIG précédent, la valeur ajoutée, va notamment permettre le paiement des salaires de l’entreprise, des employés qui justement apportent leur savoir-faire, leur valeur, ajoutée aux achats externes de l’entreprise.

L’Excédent brut d’exploitation de son côté va permettre de mesurer ce qui restera de valeur dans l’entreprise pour l’entrepreneur, après le paiement des salaires et des impôts et taxes.

Ainsi, l’EBE est le SIG qui permet à un chef d’entreprise de connaître le montant des capitaux destinés à :
- assurer le paiement des autres charges d’exploitation,
- faire face aux immobilisations de l’entreprise (aux emprunts contractés, mais plus largement le coût des immobilisations peut correspondre finalement aux dotations aux amortissements de l’année augmentées des intérêts),
- rémunérer le chef d’entreprise, ou les actionnaires de la société.

EBE = valeur ajoutée + subventions d’exploitation - impôts et taxes (comptes 63) - charges de personnel (comptes 64)

On comprend ainsi que l’EBE est le SIG sur lequel une entreprise peut être évaluée. Plus l’EBE est important, plus l’entrepreneur retirera de ressources financières de son entreprise pour faire face à son endettement et se rémunérer.

Résultat d’exploitation

On a indiqué ci-dessus que l’EBE est le SIG qui permet à l’entrepreneur de couvrir toutes les charges liées à sa rémunération et à la structure de l’entreprise (les charges et les immobilisations nécessaires à l’exploitation).

Ainsi, il faut maintenant retirer de l’EBE toutes ces charges d’exploitation, pour voir ce qui restera pour la rémunération de l’entrepreneur. C’est le résultat d’exploitation qui indique ce SIG.

De l’EBE, il faut donc soustraire les charges de dotations aux amortissements et provisions (DAP), et les charges d’exploitation.

Éventuellement, lorsque des reprise sur amortissements et provisions ont été comptabilisées, elles sont à ajouter au RE, de même que les produits d’exploitation.

Résultat d’exploitation = EBE + (RAP - DAP) d’exploitation + (autres produits - autres charges) d’exploitation

Résultat courant avant impôt

Il n’a pas encore été tenu compte de la structure financière de l’entreprise :
- si elle est endettée, et doit donc acquitter des charges d’intérêts,
- si elle possède une trésorerie lui permettant au contraire de dégager des produits financiers.

Le résultat courant avant IS corrige le résultat d’exploitation de ce résultat financier net :

Résultat courant avant IS = résultat d’exploitation + produits financiers - charges financières

Résultat exceptionnel

Le résultat exceptionnel n’est pas directement soustrait ou ajouté au SIG précédent. Il est calculé distinctement, pour que l’analyse des comptes de l’entreprise fasse bien ressortir ce qui justement est exceptionnel, lié uniquement à cet exercice, n’est pas lié à l’exploitation et ne devrait donc pas se reproduire.

Résultat exceptionnel = produits exceptionnels - charges exceptionnelles

Résultat de l’exercice

Le résultat final de l’exercice est donc le cumul du résultat courant avant IS et du résultat exceptionnel.

Mais le résultat comptable final doit également tenir compte de l’impôt sur les sociétés, calculé uniquement à ce stade, lorsque le résultat final définitif est connu, et qui n’a donc pas été intégré dans les impôts et taxes lors du calcul de l’EBE.

Enfin, l’éventuelle participation des salariés est éventuellement à prendre en compte.

Résultat exercice = (résultat courant avant impôt + résultat exceptionnel) - impôt sur les bénéfices - participation des salariés

En cas de cession d’immobilisations

Si des immobilisations ont été cédées durant l’exercice, un autre SIG est présenté distinctement, pour préciser la façon dont le résultat exceptionnel a été obtenu.

Plus ou moins-values sur cessions d’éléments d’actif = produits des cessions d’éléments d’actifs (compte 775) - valeur comptable des éléments d’actifs cédés (compte 675)


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