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Analyse bilan et capital

Suite à nos articles précédents sur l’analyse du bilan (menu ci-contre), un nouvel exemple est traité ci-dessous sur la base du bilan d’une jeune entreprise qui exploite un site internet.

Cet exemple illustre le besoin de financement des pertes d’exploitation récurrentes par de nouveaux apports des associés.

Bilan site internet

BILAN AU 31/12/2014
ACTIF PASSIF
Immobilisations Capitaux propres
Frais établissement 1.000€ Capital 20.000€
Fonds de commerce 0€ Réserves 0€
Site internet 12.000€ Réport à nouveau -7.000€
Aménagements 0€ Résultat -8.000€
Mobilier et informatique 5.000€
Total Immobilisations 18.000€ Total capitaux propres 5.000€
Créances et disponibilités Dettes
Stocks 10.000€ Emprunt bancaire 15.000€
Créances clients 4.000€ Emprunt OSEO 0€
Banque -2.000€ Emprunt M. X 0€
Caisse 0€ Dettes fournisseurs 8.000€
Dettes fiscales et sociales 2.000€
Total actif circulant 12.000€ Total dettes
TOTAL ACTIF 30.000€ TOTAL PASSIF 30.000€

Pertes comptables

Ce bilan est celui d’un site internet de vente en ligne d’articles de pêche. Le report à nouveau négatif figurant dans les capitaux propres correspond aux pertes des exercices antérieurs. Cette société existe donc depuis au moins 2 ans, le premier exercice (ou les premiers) s’étant soldé par une perte de 7.000 euros, le dernier exercice affichant une perte de 8.000€.

C’est le compte de résultat qui détaille l’origine de cette perte comptable. Ce résultat négatif ne remet pas forcément en cause la poursuite de l’activité.
En effet, bien souvent, les salaires versés par l’entreprise à ses salariés (à différencier de la rémunération des travailleurs non salariés (entrepreneur individuelle) qui est prélevée sur le bénéfice de leur entreprise) figurent dans les charges annuelles et contribuent à ce résultat négatif.
De plus, le référencement d’un site internet nécessite souvent plusieurs années et sa rentabilité ne peut apparaître qu’après plusieurs exercices de pertes. Il faut se souvenir que le site Amazon.com a longtemps cumulé les pertes les plus importantes du Nasdaq avant d’imposer son modèle économique.

Besoin de nouveaux capitaux

En revanche, le bilan de cette entreprise montre l’urgence de son refinancement. Certes, lors de sa création, cette entreprise avait bénéficié de ressources importantes comparativement à ses investissements initiaux :
- capital de 20.000€,
- plus un emprunt supérieur à 15.000€ (15.000€ étant le solde restant dû à la date du dernier bilan) pour financer un site internet qui n’a coûté que 12.000€.
Par conséquent, les pertes initiales avaient bien été anticipées.

Cependant, la situation est aujourd’hui préoccupante :

  • Le total des capitaux propres de 5.000€ est inférieur à la moitié du capital social de 20.000€. La recapitalisation de la société s’impose :
    • le stock (10.000€) est intégralement financé par les crédits fournisseurs (8.000€) et le découvert bancaire (2.000€), l’entreprise jongle donc déjà entre relance fournisseurs et menace du banquier.
    • Toute baisse des ventes ou tout incident de paiement des clients se répercutera donc sur la capacité de l’entreprise à régler ses fournisseurs et assurer la continuité de son exploitation.
  • la trésorerie est déjà négative de 2.000€, un financement par découvert bancaire est donc déjà utilisé.

Apport en capital indispensable

L’entreprise est donc menacée sur tous les fronts :
- insuffisance de ses capitaux propres,
- risque sur le financement de son exploitation,
- besoin de trésorerie à court terme.

Au total, si la perte de l’exercice antérieur semblait anticipée par l’importance des capitaux propres, la perte du dernier exercice exige des financements nouveaux.
Plus grave encore, la poursuite de l’activité semblant d’ores et déjà compromise, continuer à gérer l’entreprise en espérant des jours meilleurs pourrait être jugé comme une faute de gestion qui engagerait la responsabilité personnelle du gérant de cette entreprise.
Il est indispensable que les associés ou actionnaires apportent des liquidités à l’entreprise par le biais :
- d’une augmentation de capital,
- d’apports en compte courant,
- en s’associant à un partenaire qui souhaiterait entrer au capital.

Ce nouvel apport avait d’ailleurs peut-être été prévu lors de la création de l’entreprise dans le bilan prévisionnel. A l’inverse, l’absence de business plan et d’états financiers prévisionnels (voir notre exemple de bilan prévisionnel) ne pouvait aboutir qu’à une gestion à court terme, sans évaluation dans le temps des besoins en ressources stables de l’entreprise.

Le lecture de plusieurs bilans successifs est donc une nécessité pour analyser et anticiper l’évolution du patrimoine d’une entreprise dans le temps et se prononcer sur la pérennité de son activité.



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  • 15 juin 2016, par Deepite

    Bonjour,
    Je n’arrive pas à recevoir le logiciel de comptabilité d’une SCI que j’ai déjà sollicité à 3 reprises en suivant la procédure suggérée par le site.
    Quelqu’un saurait-il me dire comment faire ?
    En vous remerciant par avance.
    Cordialement

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