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Réduire son BFR

On a vu comment financer son BFR (notre article complémentaire), c’est à dire comment trouver les capitaux propres à inscrire au bilan en compensation de ce besoin permanent de trésorerie, et donc de cet élément de passif.

Il s’agit ici plus directement d’étudier comment réduire ce besoin de trésorerie, pour ne pas avoir justement à rechercher ensuite des actifs supplémentaires afin de le financer.

BFR et fournisseurs

Paiement des fournisseurs

Dans le calcul du BFR, les dettes fournisseurs sont évidemment un élément qui vient réduire ce besoin en fonds de roulement. En effet, si les fournisseurs ne sont pas payés, alors la trésorerie correspondante reste en attendant sur le compte bancaire de l’entreprise, et limite donc son besoin de trésorerie.

D’ailleurs, lorsque ce BFR devient insupportable, lorsque l’entreprise tombe en cessation des paiements, la première conséquence est le non-règlement des factures, et la procédure de continuation va chercher un accord avec ces fournisseurs pour limiter leur créance ou en repousser l’échéance.

C’est ce même jeu sur l’échéance des factures fournisseurs qui peut être pratiqué pour limiter le montant de son BFR, dans des comptes prévisionnels en particulier. Par exemple, en présentant un règlement des fournisseurs, plutôt que le dernier mois de la date de clôture (en décembre N), en début du premier mois de l’exercice suivant (en janvier N+1), la trésorerie à la clôture de N se trouve améliorée d’autant, et le BFR réduit du même montant.

Commandes aux fournisseurs

De la même façon, autant dans une logique financière que dans une logique de gestion optimale des stocks, réduire au maximum ses commandes est un moyen de limiter sa dette fournisseurs et donc son BFR.

En particulier, durant le dernier mois de l’année, limiter ses commandes autant que possible entraîne une baisse du stock et des dettes courantes, et donc du BFR.

BFR et clients

En ce qui concerne les clients, c’est le phénomène inverse : plus les clients paient tôt leur facture, plus la trésorerie entre rapidement sur le compte bancaire de l’entreprise, permettant de limiter le besoin en fonds de roulement.

Afficher des créances clients faibles

Ainsi, obtenir avant une date de clôture les règlements des clients permet d’afficher un BFR plus faible. Dans un business plan, il est donc possible de se montrer optimiste sur les délais de paiements des clients avant de calculer un BFR assez faible pour être financé par les apports dont on dispose.

Mais attention, ce jeu de présentation des comptes relève de la comptabilité créative, et fait peser un risque réel sur l’activité envisagée. Ainsi, en cas de non règlement d’un client, qui s’est déclaré en redressement judiciaire après un achat par exemple, le BFR gonflera immédiatement du montant de cette facture qui restera certainement impayée. Or comment financer cette hausse du BFR si l’on n’a pas prévu de capitaux suffisants pour couvrir ce risque financier ? Par découvert bancaire ? Effectivement, cette solution bancaire est généralement la conséquence d’un défaut de paiement d’un client. Mais cette solution n’en n’est pas une à long terme, d’où des faillites en chaînes...

Réduire réellement le DFR client

Les clients apportent un dégagement en fonds de roulement par leurs règlements. Pour que le BFR soit réduit dans la réalité grâce aux clients, il faut donc obtenir réellement leurs règlements avant le calcul de ce BFR, donc avant la clôture. Concrètement, ce résultat peut être obtenu par :
- ponctuellement : des relances clients avant l’échéance,
- à plus long terme : la mise en place d’une véritable procédure de suivi des factures clients : délai de paiement indiqué sur les factures, procédure en cas de non-respect de cette date de paiement...

La cession des créances

Toujours pour raccourcir le délai entre l’émission d’une facture client et son règlement, une solution radicale consiste à céder ses créances à un intermédiaire spécialisé.

Les créances sont vendues avec une décote à cet intermédiaire, qui prend ensuite l’entière responsabilité du recouvrement de ces créances. L’entreprise limite ainsi le risque financier et réduit considérablement son besoin en fonds de roulement.

En cas de non-paiement d’un client, l’entreprise ne subit pas les conséquences financières de cet incident et n’est donc pas soumise à des variations régulières de son BFR. Cette solution exige alors de comparer :
- le coût de cette cession des créances (pourcentage de la décote multiplié par le chiffre d’affaires annuel),
- avec le coût des capitaux supplémentaires à obtenir en cas d’augmentation du BFR et des pertes éventuelles pour créances douteuses.

Provision sur stocks

Lorsqu’un stock contient des éléments qui ne pourront plus sortir de l’entreprise sans constater une perte comptable (prix de sortie inférieur au coût d’entrée), alors la fiscalité permet d’anticiper cette perte et de comptabiliser une DAP sur ces stocks dépréciés. Cette dotation au provision constitue une charge déductible, et donc une baisse immédiate du résultat net de l’entreprise, sans attendre la sortie effective de cet élément des stocks.

Fiscalement, cette provision peut donc permettre de jouer avec le résultat net, par exemple pour limiter le bénéfice imposable, ou pour lisser le résultat... Aussi, cette provision devra pouvoir être justifiée en cas de demande d’information du fisc.

Mais d’un autre côté, cette provision augmentera le BFR de l’entreprise. Or l’administration fiscale n’oblige aucunement à provisionner les stocks, au contraire... Choisir de ne pas enregistrer une provision sur les stocks relève donc totalement d’un choix de gestion.

Le résultat exceptionnel

Ce dernier point se réfère à la présentation des soldes intermédiaires de gestion (SIG). Si les premiers soldes financiers témoignent de la solidité financière de l’exploitation, les derniers sont beaucoup moins regardés. Ainsi, l’EBE est le solde souvent retenu pour évaluer une entreprise et calculer la rémunération potentielle de son dirigeant. A l’inverse, le résultat exceptionnel est, comme son nom l’indique, lié à un exercice en particulier, non récurrent, et donc non étudié de la même façon.

Aussi, reclasser en charges exceptionnelles tous les éléments qui peuvent l’être est un moyen de présenter des soldes tels que l’EBE plus positifs.

Les grands groupes côtés ne s’en privent pas d’ailleurs, les actionnaires ne considérant que le résultat net, le résultat exceptionnel représente souvent une part importante du chiffre d’affaires...

En effet, la règle comptable est la suivante : tous les éléments qui ne sont pas liés à l’exploitation peuvent être considérés comme exceptionnels. Une imprécision qui laisse une marge de manœuvre importante à la comptabilité créative...


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